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 L'ombre ne vit qu'à la lumière | Zakhar

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MessageSujet: L'ombre ne vit qu'à la lumière | Zakhar   Jeu 7 Sep - 18:54



It's time to know you

« On cherche le bien sans le trouver, on trouve le mal sans le chercher. »


Roméo & Zakhar

Les mains aux doigts fins couvertes de grandes mitaines de cuirs vinrent porter la capuche au dessus de la tête de l'homme, jusque sur son front. Il fourra à nouveau les main dans les poches de son gilet, reprenant la marche dans les rues animés de Coconut Grove. Tout changeait d'Overtown ici. Il ne rasait pas les murs, ici pas d’héroïne mais de l'ecstasy. Il secoua la tête, il ne devait pas y penser. Depuis qu'il était à Miami, il avait lutté contre les tentations. Il s'était fait violence un million de fois, tentant de ne pas ressombrer, de s'en sortir en enchaînant les boulots légaux et en combinant tout cela avec ses dessins. Il avait du mal, tellement de mal. Miami était autant symbole de nouveau départ que de tentations. Il ne devait pas retomber dans la drogue, il devait fuir la célébrité, fuir les vieux démons et éviter ceux qui semblaient le reconnaître. Il avait bien changé depuis son adolescence et pourtant on parvenait encore à se souvenir de son fiasco sur scène. Il grinça des dents en repensant à la crise sur scène, à sa tête heurtant le sol sur le podium. Aux sirènes, aux cris furieux, à sa mise en cellule, ou plutôt dans ce centre de désintoxication mais tout cela était du pareil au même prison d'addiction tout était bon. Il était instable dans son caractère absolument instable lorsque les horreurs du passé ressurgissaient dans sa tête. Il lui fallait quelque chose pour faire passer la sensation âcre qui imprégnait sa gorge et son esprit. Pas d'alcool, pas de drogues. Surtout pas ça. Il ne savait plus ou il en était. Trouver de l'argent aussi. Il lui fallait de l'argent. Le loyer tomberait le lendemain, les comptes étaient à secs. Pprostitution ? Racket ? Il avait déjà tout fait, tout tenté. S'abaisserait il à retomber aussi bas ? Pourquoi pas après tout.

Il retira son gilet, découvrant un simple t-shirt moulant ainsi que les cheveux en bataille. Les yeux bleus brillaient doucement, il savait se montrer désirable, faire comprendre qu'il était là pour ça. Il détestait avoir à faire cela, mais cette fois ci il n'avait plus vraiment le choix. Comme toujours le gamin paumé ressortait franchement, il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait. Il avait tenté pendant de longs mois, de longues semaines de s'en sortir. Toutes ces dernières années n'avaient été que survies. Plus d'amis, plus d'amour, plus de vie, plus rien. Il n'avait tout simplement plus rien alors pourquoi pas se résoudre à cela. Le côté sexuel ne le gênait pas plus que ça. Si c'était pour passer une nuit ailleurs, ou gagner de quoi passer une nuit ailleurs, ou au moins conserver son toit. Et puis il y eut cette voiture qui s'arrêta là. Un trentenaire. Aux airs hésitants. Il paraissait presque mignon sous un certains angles. Entraîné à l'écart. La ruelle sombre, cliché de film ne lui disait franchement rien qui vaille. Pour avoir été longtemps celui qui attendait des innocents dans ce genre de ruelle, il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait. L'autre homme cachait bien son jeu puisque de l'hésitation, il passa à une lueur sombre et malsaine, presque perverse alors que ses lèvres labouraient les siennes que ces mains se faisaient intrusives. Non. Non. Non. Tout clignotaient dans sa tête. Il n'était pas prêt, il n'était plus prêt finalement. Il le repoussa, une fois deux fois. Et l'autre qui lui annonçait que c'était trop tard, qu'il aurait dur réfléchir. Le yeux brillants Roméo ne savait plus que faire alors désespéré il hurla avant que la main ne vienne se plaquer conter sa bouche. Il se débattit franchement. Il était de force presque égale avec l'homme en face de lui et la scène était telle qu'on ne savait plus qui était l’agresseur ou l’agressé. A moitié dénudé par la violence de la situation. Roméo se trouva dans un état de rage soudain, instable, instable encore et encore. Il repoussa violemment l'autre homme contre le mur, le tenant à la gorge :
- File moi mon argent et vas t'en.

Une voix de l'autre côté le fit revenir à la réalité. Il pétait les plombs, complètement. Il avait hurlé, ameuté quelqu'un ici et voilà qu'il passait pour le violenteur. Il relâcha la pression et l'autre homme en profita pour lui asséner un nouveau coup. Il ne savait plus vraiment ce qu'il se passait, étalé au sol, il se trouva libérer d'un grand poids très soudainement. Tout était flou, affreusement flou. Une présence humaine à ses côtés, le froid des pavés.


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MessageSujet: Re: L'ombre ne vit qu'à la lumière | Zakhar   Mer 13 Sep - 18:19

L'ombre ne vit qu'à la lumièreAu milieu des passants, il se faufile, tant bien que mal. De temps à autres, il manque son coup, surestime une distance, heurte une épaule. Il ne s'excuse pas, pas plus qu'il n'est atteint par les regards noirs dont il écope à chaque fois. Il n'y peut rien lui, si les gens sont toujours en travers de son chemin. Il n'y peut rien, lui, s'il n'éprouve plus le moindre scrupule à se frayer un chemin sans grande délicatesse. L'indifférence est devenue son amie depuis trop longtemps déjà pour qu'il accorde la moindre importance à des inconnus qu'il ne risque pas de recroiser dans sa pauvre vie. De temps à autres, il s'interrompt, regarde l'heure, et reprend sa route. Il ne marche que depuis peu de temps, mais cela suffit déjà à l'agacer. Coincé derrière un groupe de touristes, il glisse ses mains dans les poches de son jean et soupire d'agacement, forcé de ralentir le pas. Cachés derrière ses lunettes de soleil, ses yeux guettent la moindre ouverture pour se débarrasser de cet obstacle. Une telle galère pour ne peut-être pas réussir à trouver un conseiller de libre à sa banque. Saleté de chéquier qui n'est pas passé.

Le soleil brille dans le ciel depuis le début de la journée, tapant sur le béton, manquant de lui faire plisser les yeux s'ils n'étaient pas protégés par le verre opaque. Il fait bon, il doit bien l'avouer, entre deux jurons intérieurs. Il serait bien un temps à se promener tranquillement au bord de la plage, à bronzer sur le sable, où à simplement flâner dans l'eau. Mais tout ça, ce n'est pas pour Zakhar, oh que non. Il ne faudrait pas trop lui en demander non plus, à lui le solitaire, qui fuit la présence humaine comme la peste. Il n'a que trop peu confiance en ce monde fait d'or et de paillettes pour se risquer à tenter de faire de nouvelles connaissances. C'est bon, il préfère se contenter du peu de personnes qu'il connaît pour le moment, ce qui représente déjà, à son goût, une trop grande part de confiance à accorder. Trop de risque d'erreur, bien qu'il soit suffisamment armé contre la déception et la désillusion pour se permettre de prendre quelques risques.

C'est un jour parmi tant d'autres pour le russe. Un jour dénué de saveur, crevant de monotonie. Un jour qui se mêlera parmi les autres, au fin fond de sa mémoire, sans pour autant qu'il ne puisse l'oublier. Tout de noir vêtu, il disparaît dans des ruelles moins fréquentées, perdues entre quelques immeubles. Le désespoir le pousse à couper par des coins moins agréables pour éviter la foule. Mais il ne s'en plaint en rien. Au contraire, les ténèbres sont ses amies. Calmes, elles offrent un peu d'apaisement. Elles ne sont pas forcément bien fréquentées, certes, mais Zakhar n'y a jusqu'alors jamais eu le moindre problème, sans doute trop imposant pour que l'on vienne lui chercher des noises. Mais, plus loin, un cri retentit. L'instinct premier du brun lui dicte de faire demi-tour, d'ignorer. Mais son énervement passager lui rappelle qu'il est prêt à ressurgir s'il se risque à nouveau à vagabonder entre les passants. Le choix est vite fait.

Le temps qu'il marche jusqu'au lieu du tumulte, celui-ci continue de battre son plein. Deux hommes, visiblement en plein conflit, lui barrent la route, l'un ayant empoigné la gorge de l'autre. Le russe ne se laisse pas aller à plus d'observation. Qui fait quoi, la raison de leur dispute, il n'en a rien à foutre. Le fait est qu'il y perd de sa tranquillité et ça, ça le fait chier. Il décide de les couper net, nullement gêné de le faire.

- Y'a des gens qui aimeraient passer, au risque d'interrompre vos affaires.

Sa voix tonne froidement, comme à son habitude, faisait réagir l'a-priori agresseur qui lâche sa proie. Et les rôles s'inversent, celle-ci cogne violemment, prenant l'autre par surprise. Par réflexe, le brun se précipite, préférant s'impliquer avant que les choses ne tournent trop mal. Mais déjà l'homme prend la fuite, le laissant seul avec le second, couché au sol. Un soupir lui échappe, alors que l'inconnu reprend doucement ses esprits. Il est trop tard pour reculer à présent.

- Ça va ?


Il ne trouve rien de bien meilleur à dire et s'accroupit, tendant une main à l'autre type pour l'aider à se relever. Quelle belle veine franchement, jouer les bons samaritains.
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MessageSujet: Re: L'ombre ne vit qu'à la lumière | Zakhar   Sam 16 Sep - 15:37



 L'ombre ne vit qu'à la lumière
 
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Roméo & Zakhar

Il se retourna brutalement au son de la voix du témoin. Une fraction de seconde. Le froid des pavés le fit prendre conscience de sa situation, il tombait bas, si bas. Quelques jours avant, il avait sauvé une demoiselle en détresse des mains d'un de ses soit disant amis et voilà que maintenant il devenait un agresseur. Il détestait pourtant la violence. On pouvait le qualifier de beaucoup de choses mais pas de violent. Calculateur c'était évident, menteur parfois, manipulateur sur les bords peut être, voleur quand il n'avait plus aucune issue, mais violent surement pas. Tout se résumait à de l'intimidation, à cette lueur de folie qui naissait dans ses yeux, à ce sourire d'aliéné qui effrayait sa "victime", qui la poussait à croire qu'il pourrait aller jusqu'au bout, qu'il pourrait si il le souhaitait fermer la main sur la gorge qu'il attrapait dès qu'il le pouvait. Pourtant il n'en aurait jamais rien fait. Il était juste perdu, poussé à bout par la société qui lui demandait de s'intégrer sans lui en laisser l'occasion, par ce monde manipulé par l'argent et où le talent et la créativité n'était plus mis en avant. Il fallait rentrer dans le moule pour être accepté. Or depuis son plus jeune âge il n'y était jamais parvenu.

La voix le tira de ses pensées. Son sauveteur en quelques sortes. Il se releva et acquiesça :
-  Physiquement oui. Mais j'ai toujours pas de quoi payer le loyer.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il disait ça, c'était la vérité simplement. Il était paumé, complètement paumé.
- Excuse moi du dérangement, je pense que tu n'as pas le temps pour les jérémiades d'un gosse. La rue est tout à toi.

Il se colla à un mur et s'arrêta là, attendant qu'un miracle lui tombe dessus, plongeant ses yeux bleus dans la contemplation de l'homme en face de lui :
- Quitte à t'emmerder jusqu'au bout, j'ai le droit de connaître ton nom ?

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MessageSujet: Re: L'ombre ne vit qu'à la lumière | Zakhar   Ven 22 Sep - 15:45

L'ombre ne vit qu'à la lumièreLe hasard est tout de même bien curieux. Pourquoi, alors qu'il ne désire qu'être tranquille à défaut de pouvoir vivre en ermite, il faut toujours qu'il tombe sur de nouvelles personnes ? C'est comme si la vie s'acharnait à vouloir le faire changer d'avis. Mais le russe n'a point envie d'abandonner sa quête de la sainte solitude. Pourtant, il ne semble pas se presser de quitter les lieux. Il faut dire qu'il préfère toujours ça à la rébarbative tâche d'affronter sa conseillère banquière. Ça va, il en a rien à foutre de savoir qu'il doit surveiller ses dépenses en cette fin de mois, c'est la même chose douze fois par ans. Et puis, l'argent ne fait pas le bonheur. À la rigueur, c'est utile pour se loger et pour manger, du reste il peut s'en passer.

Loyer ? Un léger haussement de sourcil plisse son front. Dans quelle merde a pu se foutre cet inconnu pour obtenir un peu d'argent ? Du racket ? De la prostitution ? Une forme d'escroquerie ? Zakhar ne sait pas et ne préfère pas se prononcer. D'une part, il s'en fiche royalement. De l'autre, ce ne sont pas ses oignons.

- Maintenant que t'as été un peu secoué, tu devrais pouvoir faire la manche.


Finesse et délicatesse sont les maîtres mots de son indifférence. Mais après tout, il trouvera forcément le moyen de se faire un peu d'argent de la sorte. De toute façon, ce n'est pas le tatoué qui pourra lui en donner. Pas spécialement radin, mais surtout trop tendancieux aux petites économies par-ci par-là pour graver sa peau, il ne peut pas et ne veut pas se laisser aller à la générosité. Quoique, le fait qu'il ne se soit pas déjà barré en est une forme.

- Zakhar.

Il lâche son nom sans formalités, peu enclin à développer. Mais le pauvre regard de labrador que lui fait l'inconnu a raison de lui. Peut-être bien qu'il reste encore un peu de compassion en lui, enfouie trop profondément pour qu'elle ne se laisse apercevoir en surface. Un soupir lui échappe.

- Si tu veux te remplir les poches, il y a souvent des petits jobs à pourvoir sur la plage.

Ce n'est pas une hypothèse mais bien quelque chose dont il est certain, pour y avoir trop souvent fait appeler pour boucler ses fins de mois ou rapprocher la venue d'un nouveau tatouage. Malheureusement, ou pas, il a pu en entendre suffisamment pour savoir qu'il est toujours possible de trouver, ne serait-ce qu'en tant que plongeur d'appoint dans un restaurant en bord de mer. Avec les touristes, ce genre de boulot marche plutôt bien.
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